Ce soir, nouvelle critique!

Voici un livre de 2015, un roman fantastique suédois, sur lequel je suis tombée récemment... La couverture est poétique, évocatrice, montrant les similitudes entre le motif des écailles de poisson et les vagues de la mer. Son côté paisible cache en réalité un roman assez sombre, mais pas désespéré...

l'homme-sirène

Ce livre fait partie d'une littérature que je préfère éviter comme la peste, celle qui parle d'enfants maltraités, souffre-douleurs, rackettés. Et si je ne donne pas la note maximale à ce livre c'est parce que justement, il fait partie de cette littérature qui fait mal (décidément entre La sirène de Camilla Lackberg et celui-ci, les livres modernes scandinaves avec sirène dans le titre, maltraitent bien les gosses!). Sinon je l'ai vraiment trouvé bien!


Nella (diminutif de Petronella) et Robert sont deux gamins de Falkenberg que leurs parents délaissent: père en prison, mère alcoolique qui ne s'occupe de rien. Pour ne rien arranger, Robert, le petit frère de Nella, a de l'eczema et a un gros retard scolaire à cause de sa mauvaise vue, à peine arrangée par une paire de lunettes rafistolées. Ils vivent en marge de tous, en essayant de ne pas se faire remarquer à l'école; hélas, c'est sans compter Gerard, un ado de la même classe que Nella! c'est un chtarbé, un vrai, du genre à cramer des chatons (voire autre chose) pour rigoler... Et le jour ou il prend Nella, contre son gré à elle, à témoin d'un de ses mauvais coups, c'est le début des ennuis... Sans compter le prochain retour de son père, ce qui n'annonce jamais rien de bon... Elle espère un peu d'aide de la part de Tommy, son seul ami, mais ce dernier s'est mis à avoir une conduite étrange; cela aurait-il à voir avec ses frères pêcheurs?


Attention aux âmes sensibles, on peut dire qu'il y a des scènes de tortures dans ce roman.... Heureusement, l'auteur ne les met qu'en tant qu'élément de récit et ne s'attarde pas complaisamment dessus; mais elles font mal quand même (bizarrement, le sexe, le fait que Nella soit une fille, semble n'avoir aucune importance, heureusement je dirais car cela risquerait de faire grimper d'encore un palier dans le sordide...). Il ne fait pas non plus de ses personnages des victimes complètes, Nella est énergique et positive, on s'aperçoit que les camarades de Nella ne sont pas forcément méchantes, même si elles n'ont aucune idée de ce qu'elle vit au quotidien, et Gerard n'est pas la coqueluche du lycée mais bien le mec bizarre et violent dont tout le monde a peur et envie de se débarrasser... La complicité de Nella et Robert est attendrissante et chaleureuse; et Tommy, le seul ami de Nella, (ah non, je suis injuste, j'oublie Le Professeur, car plus effacé) sera un soutien précieux, notamment par le fait que ce soit par lui que l'homme-sirène entre dans la vie de Nella.


La description de l'homme sirène fait un peu penser à la nouvelle d'Alyssa Wong La reine pêcheuse, très physique, très animale, sans idéalisation. Mais on constate que même très animalisée, c'est une créature qui garde des pouvoirs, en l'occurrence celui de télépathie. L'homme-sirène est un très beau personnage, très charismatique.
On ne peut pas vraiment dire que l'histoire se finisse bien, on ne peut pas dire qu'il se finisse complètement mal non plus. On va dire qu'iI se finit sur des souvenirs de Nella...


J'ai envie de dire que L'homme-sirène de Carl-Johan Vallgren est à Attirance de Anne Greenwood Brown, ce que le film Morse (Laisse-moi entrer) est au film Twilight: bien moins fade, combien plus dérangeant et féroce, à travers des persécutions entre adolescents qui vont pratiquement jusqu'au meurtre, le tout dans un contexte de misère sociale des années 80 ( il est beau le modèle nordique! mais bon, ça pourrait avoir lieu dans n'importe quelle banlieue pourrie un peu proche de la mer...).


Désolée, je cite beaucoup d'autres oeuvres! ^^ Mais je compte bien vous en parler plus en détail (d'Attirance, de La Sirène et de la Reine Pêcheuse en tout cas) un jour dans ces pages de blog.

Bref, bonne lecture si vous décidez de vous attaquer à L'homme-sirène! Ca se lit vite et facilement, c'est bien, mais c'est parfois assez intense, voire violent...


Au passage je remercie la dame du fonds nordique de la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris, où j'ai emprunté ce roman, qui a été très gentille et serviable!

 

Vous pouvez retrouver cette crtique sur Babelio: http://www.babelio.com/livres/Vallgren-LHomme-sirene/684235