Sirènes et ondines - Edouard Brasey

Je vous souhaite une très bonne année 2017! Et pour bien la commencer, voici une nouvelle critique de lecture sirénienne! :D

 

 

Edouard Brasey ne s'intéressera ici pratiquement qu'à la sirène des textes et des légendes, et non en tant qu'élément pictural décoratif. Car à part le célèbre tableau de Waterhouse, reproduit en médaillon de couverture, ce livre ne contient aucune image. Même le livre d'Adeline Bulteau ( Les sirènes, editions Pardès, critique ici à venir) en avait pourtant, bien que petites, en n&b et organisées selon une mise en page rudimentaire. Donc si vous espériez de beaux dessins, passez votre chemin, mieux vaut vous diriger vers L'encyclopédie du merveilleux du même auteur, et parsemée, elle, des gracieuses créatures de Sandrine Gestin.


En plusieurs chapitres, l'auteur étudie les divers génies féminins associés à l'eau, citant contes et légendes de tous les pays. Il commence par les dieux et les déesses génésiques, puis parle des sirènes ailées de l'Antiquité, le troisième chapitre passe à la lubrique seraine médiévale (Méluzine n'y figure pas puisqu'ayant son propre chapitre un peu plus loin). Le chapitre La pêche à la sirène traite des témoignages du XVIeme au XVIIIeme siècle, plus des canulars. Puis il fait la distinction quant à la nature de diverses filles des eaux : sirènes, selkies, mermaids celtes et Mari Morgan bretonnes, ensuite il va voir les nymphes et ondine de l'est de la France, en détaillant en peu Lorelei. Le chapitre des naïades et des dames des fontaines précède celui de la serpente au bain, Mélusine. Les nixes, les lavandières de la nuit et les dames du lac de la légende arthurienne sont les dernières fées aquatiques abordées avant que Brasey conclue sur l'âme de la sirène, alchimique et spirituelle, et enfin son mariage avec l'humain, indissociable de l'acquisition de cette âme – et indispensable à l'humain pour retrouver la mémoire et le sens du merveilleux.


Le texte est clair, abondemment référencé (on peut remarquer que si le texte de ce livre est repris de nombreuses fois sur internet, bien souvent les références ont disparu XD). Edouard Brasey, parfois, déplore la fin de la croyance des hommes qui les mène à un non-respect de la nature, mais sans pour autant verser dans la poésie mystique ésotérique comme Adeline Bulteau ou le militantisme écologique...

C'est très intéressant, idéal pour une initiation à l'univers féérique aquatique, pour ceux qui aiment les contes et légendes ; je ne dirais pas indispensable pour défricher le terrain à qui s'intéresse à la question des sirènes, puisque le livre d'Adeline Bulteau contient à peu de choses près les mêmes histoires, mais l'essai de Brasey me semble un peu mieux organisé ; il demeure néanmoins essentiel. Après, il reste un peu en surface de son sujet, très général, loin des analyses savantes d'universitaire. Mais c'est ce qui en fait un livre accessible à tous...

 

Critique lisible sur babelio ici ^^