Sirenologie

24 février 2017

Sirènes Petrifontaines

Sirène au miroir Pierrefonds (Oise)

Sirène à la harpe Pierrefonds (Oise)

Ces deux charmantes créatures se trouvent au château de Pierrefonds, dans le doux pays de Picardie.

Bien que le château de Pierrefonds soit bien médiéval, il n'en demeurait au XIXème siècle que des ruines. A la demande de l'impératrice Eugénie, et sur suggestion de Mérimée, Napoléon III demande en 1857 à Eugène Viollet-Le-Duc de restaurer le château. Viollet-Le-Duc fera plus que le restaurer, il le recréera tel qu'il pense qu'il aurait du être, et ce de manière à pouvoir accueillir l'empereur en résidence et sa collection d'armures. Viollet-Le-Duc ne verra cependant pas la fin de la rénovation puisqu'il mourra en 1879... Et le chantier, repris par son gendre Maurice Ouradou puis par Juste Lisch (après la mort d'Ouradou en 1884, décidément), s'arrêtera en 1885, avec des salles à la décoration inachevée faute d'argent.

Cependant, nombre de murs ont pu être peints et recouverts de boiseries, dont ces deux sirènes, toutes deux visibles dans le cabinet de travail de l'Empereur, pièce située dans le donjon. Je ne sais si Viollet-Le-Duc était encore vivant quand ces deux sirènes onté été sculptées puis fixées dans la salle, mais il en avait probalement déjà fait les dessins de conception.

On peut remarquer que, bien que voisines de chambre, ces deux sirènes sont assez différentes: L'une, la plus haut, est bifide et s'admire tranquillement dans son miroir, au milieu d'arabesques végétales; tandis que l'autre, ramassée dans un cadre rectangulaire situé à hauteur des yeux, semble n'avoir qu'une seule queue, et paraît guetter la venue d'un voyageur, prête à le charmer de sa harpe...

   


20 février 2017

I used to be a mermaid, par Audrey Molinatti, 2014

Audrey Molinatti's mermaid

Alors que je suis dans le milieu du fanzinat, je n'avais pas encore fait ici de critique de fanzine, un comble! Voilà qui est réparé avec  I used to be a mermaid  ( traduisible par « je fus une sirène » ou « j'ai été une sirène »).

Audrey Molinetti nous offre sa version à elle du célèbre conte d'Andersen : loin de l'ado mélancolique incomprise par sa famille, la sienne est seule, autonome, insouciante et hédoniste, profitant des plaisirs de la vie sous-marine ; ensuite, nul besoin d'une sorcière pour se transformer et acquérir des jambes, et à la place d'un beau prince évaporé qui rêve d'une autre, c'est un pirate, véritable gibier de potence (mais beau aussi quand même, hein!), qu'elle sauvera et qui sera assez reconnaissant pour l'aimer et l'épouser...

 

Audrey Molinatti i used to be a mermaid p2

 

 

Ca commence plutôt bien, et on a une bonne moitié du livret qui est consacrée aux images de la vie idyllique d'avant l'humanité. Mais le côté triste et cruel (comme le proclame la page de titre, "sad and cruel") de l'histoire originale reste bel et bien, et vous découvrirez de quelle manière cette petite sirène-là, tout aussi anonyme que son modèle, est autant condamnée au malheur qu'elle ; une manière moins magique, qui peut faire écho à la réalité vécue par de nombreuses jeunes femmes à travers le monde...

 

Le côté métaphorique du conte, avec le passage de l'enfance à l'âge adulte, fonctionne à plein dans cette relecture nettement plus féministe ( on peut remarquer sur la couverture la taille à la morphologie réaliste de cette mutine créature à la chevelure émeraude, loin de la silhouette en sablier impossible de l'Ariel disneyienne) que l'originale : indépendance semble être le mot qui caractérise cette jeune femme volontaire, et si son choix entraîne des larmes et des regrets, elle ne peut qu'assumer, sans pouvoir finir ni en écume ni en évanescente fille des airs, et protéger le souvenir que son éphémère pirate lui a laissé...

 

Cette sirène-là est donc en plus bilingue : français, et anglais ainsi que l'indique le titre ! Les textes sont courts (non exempts de fautes, mais rien qui pique vraiment les yeux) et la maquette est limpide : une page de texte ( avec parfois des décorations), avec en face une illustration pleine page. Le style d'Audrey Molinatti est plutôt réaliste, avec néanmoins une souplesse de trait qui caresse l'oeil. Ses dessins ne sont pas encrés et sont tout en niveaux de gris retouchés à l'ordinateur, ce qui donne un rendu assez doux mais pas toujours net. On sent certaines pages plus travaillées que d'autres, conservées en crayonné pur... Heureusement il n'y a pas de défaut d'impression pouvant gâcher la lisibilité des images.
 

 

 

Audrey Molinatti i used to be a mermaid p7

 

Le format à l'italienne, horizontal, permet de profiter des compositions claires et efficaces, qui mettent en valeur l'héroïne, ou les paysages qu'elle traverse. Des petits dessins, (coquillages, ancre) ponctuent les textes. La calligraphie du titre est élégante, par contre pas tout à fait compréhensible pour le « I », qui ressemble un peu à un « L ». La reliure agrafée coupe en deux l'illustration de couverture, turquoise et attrayante, impimée sur un papier au toucher doux et mat.

 

Bref un fanzine charmant, de bonne qualité et une lecture qui devrait plaire à tous, fans de sirènes ou pas ! Son seul défaut serait d'être un peu court (36 pages)...

Si vous voulez voir d'autres images de ce fanzines, il y en a ici, et pour en savoir plus sur l'auteure et ses autres réalisations ça se regarde sur son tumblr.

 

 

Audrey Molinatti I used to be a mermaid p 32

 

 

 

03 février 2017

La Sirène et le Poète, poésie de Dominique-Alexandre de CHAMPROUX, 1988

 

Ce matin ma sirène a chanté

Son timbre mélancolique et doux a éveillé

Mon âme en peine et à présent solitaire.

Elle m'a bercé, je ne sais par quel goût amer.

 

Il se peut que la soudaine amertume

et le regret des temps passés

Font qu'aujourd'hui mon corps se consume

d'une éternelle flamme limpide et mouillée.

 

la sirène et le poète

 

Là-bas, la mer caresse le rivage

Et au loin doucement naît la clarté.

Mes larmes se confondent aux eaux de la plage.

 

Au sein de ce merveilleux paysage,

ce matin ma sirène a chanté

Et le poète lui a pleuré.

 

La sirène et le poète, poésie tirée du recueil éponyme de Dominique-Alexandre de Champroux, paru en 1988 aux éditions La Bruyère.

Illustration originale de Terryjil.

 

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29 janvier 2017

Hipocampo mobile, d'Alain Pozzo, 2016

 

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Durant le mois de janvier 2017 a eu lieu à la Maison des Arts d'Antony, le 54ème salon du cercle culturel et artistique d'Antony. A cette occasion je suis tombée sur une sympathique sculpture de sirène, l'"Hipocampo mobile", d'Alain Pozzo.

Hipocampo mobile, avec un seul p au début, un attelage de 4 hippocampes (et une petite belette? je ne sais la raison de son incongrue présence), la sirène a une seule queue, et conséquence d'un déplacement sur un précédent salon ou pas, il lui manque un bras... Elle partage une jolie couleur sable avec l'hippocampe maître, le plus grand de l'attelage, tandis que sa voiture, sorte de coque à la proue draconienne, très style drakkar viking - mais avec des roues, et toutes différentes, s'il vous plaît! -  et les 3 petits hippocampes ( ainsi que la belette?!) ont été traités en noir...

Le style n'est pas forcément ma tasse de thé, très en ajout de matière, et avec une texture grumeleuse très visible, ce qui rend cette sirène assez... terrienne, un comble pour une créature des mers! Mais je trouve l'oeuvre dans son ensemble assez cocasse, et puis, étudiant les sirènes je ne pouvais passer à côté!

 

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Quelques plans rapprochés, afin de profiter de la fantaisie des roues, et de la tête de dragon de la proue...

 

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Si vous aimez cette sculpture, elle est donc l'oeuvre d'Alain Pozzo, dont voici le site (elle figure même en page d'accueil ^^). Dans la rubrique Mer en vue, cette sirène semble même avoir une soeur, bicolore elle aussi, empêtrée dans un filet, et soufflant dans une sorte de conque (pour appeler à l'aide peut-être?)...

Merci à lui de m'avoir permis de prendre des photos de son hipocampo mobile et de les publier ici!

 

addendum du 6 février:

Alain Pozzo a gentiment réagi à mon article en me donnant les réponses à quelques unes des questions que je me posais ici:

"Étant un nom propre inexistant son orthographe est " libre "😜 .... en fait j'avais préparé la plaque et n'avais pas assez d'espace pour le deuxième P !
Pour Le Bras, c'est toute une histoire, la sirène dans son filet était la première réalisée, mais à la cuisson le bateau a plié... devenant trop petit , j'en ai réalisée une autre, plus droite, avec deux bras ... à l'essayage le bras droit ne passait pas... un effort ... fracture du " morceau en trop " !
Si vous pensiez que tout était réfléchi... programmé... c'est la matière qui commande !
Ps: il restait un peu de terre ( tout est en grès sans aucune patine) c'est comme ça qu'est apparu le petit animal .... une hermine noire  !"

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23 janvier 2017

Des hippocampes dans la chevelure

cheveux de sirène et hippocampes

 

 

 

Se sert-t-elle de ses doigts comme d'un peigne pour brosser ses cheveux, ou bien sont-ils comme les cordes d'un instrument? Comme une ligne de pêche pour attirer marins et poissons (les hippocampes sont malgré leur apparence insolite bel et bien des poissons)? Mystère...

Une image que je voulais au début utiliser comme bannière pour ce blog... Et puis finalement non. 

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16 janvier 2017

Sites étrangers sur les sirènes

Bonsoir!

La sirène est un mythe universel...  c'est pourquoi, Sirènologie n'étant pas encore très riche en posts, je vous encourage à aller voir d'autres sites à contenu original spécialisés en sirène, mais étrangers -  si bien sûr l'anglais, le portugais brésilien et le flamand ne vous rebutent pas!

- The Daily Mermaid : un sympathique blog (blogspot) sans prétention tenu par une jeune femme américaine, écrivain vivant dans le Massachussets, Amy Courage, contenant illustrations, citation de livres, affiches, photos d'objets réalisés par des ami(e)s (boîtes, poupées, sacs à l'effigie du logo du blog), critiques de ballets ou de pièces de théâtre, peintures et illustrations (parfois de son mari, George Courage)... C'est globalement assez culturel.

Les posts ne sont pas trop longs, mais tout de même documentés, et plutôt lisible pour une personne de niveau anglais moyen comme moi; bref faites-y un tour si le côté "culture avec références littéraires" des sirènes vous intéresse! Il contient en moyenne une dizaine de notes par an, en commençant par 2013 (avec une exception pour 2014, 21 posts pour cette année!).

 

- Sereismo : un blog-site bien plus chamarré que le précédent! Tenu par deux brésiliennes, Bruna Tavares et Camila Gomes, son contenu est plus axé sur la mode: c'est à dire qu'il présente beaucoup des lignes de vêtements, de bijoux (ou autre accessoires) et de maquillages sur le thème marin et des sirènes. Bien sûr, les queues de sirènes et autres mertailors sont aussi soigneusement examinées :-) Mais les photos de nail art (ongles décorés commes des écailles par exemple), les tee-shirts ou maillots de bain ne sont qu'une facette de ce blog, qui présente aussi des sirènistes actuelles comme des sirènistes historiques avec luxe de détails, d'iconographie et liens vers des vidéos: Annette Kellerman ou Liz del Fuego. Enfin, il y a quelques rewiews de livres, fanfics sur des personnages du film Disney la petite sirène, carnet de coloriage dur l'univers marin, ou fantasy marine...

J'avoue que j'ai beaucoup plus de mal à lire les articles de ce blog, n'étant pas lusitophone; mais il est abondamment fourni en grandes photos, ce qui contribue grandement à la compréhension! Il est très régulièrement alimenté, en moyenne avec une note tous les deux jours. Très agréable à regarder.

 

 - Musiren: page facebook d'un musée virtuel de la sirène! son veritable intitulé est museum van de Zeemeermin, une page créée en attendant de pouvoir avoir un musée physique sur un bateau. A priori, le langage est flamand ou néerlandais, je dirais flamand de Belgique tout de même car on voit quelques petites choses provenant d'Ostende... Comme pour Sereismo, la langue n'est pas un barrage insurmontable car la plupart des posts sont des images ou des liens youtube. On y voit des images de BD et comics, des affiches, des tatouages (beaucoup - je pense que l'une des personnes tenant ce site doit être fan de tatouages, voire tatouée elle-même!), de l'héraldique, des statues, des teasers de films ou des clips. Pas de sirénisme par contre, et peu de textes ou de citations. Pictural et fun.

Il existe aussi un blogspot nommé european institute of sirenology, qui doit être le projet précédent/parallèle à cette page FB; mais il ne contient qu'un seul post et n'a pas été mis à jour depuis 2012, date de début de Musiren.

 

si(te)rènes

 

Ces trois sites ont chacun leur propre "personnalité", avec points d'intérêts un peu différents, et sont finalement assez complémentaires.

Pour la suite j'essaierai de dénicher des sites en allemand, l'Allemagne me semblant bien plus riche en mermaiding/culture sirèniste que nous; quant aux sites anglophones, ce n'est pas dur d'en trouver, ils sont pléthore, le tout étant d'arriver à sélectionner ce qui est le plus pertinent!

  

 

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12 janvier 2017

l'Univers Féérique 3ème volume: Sirènes et Ondines par Edouard Brasey, chez Pygmalion

Sirènes et ondines - Edouard Brasey

Je vous souhaite une très bonne année 2017! Et pour bien la commencer, voici une nouvelle critique de lecture sirénienne! :D

 

 

Edouard Brasey ne s'intéressera ici pratiquement qu'à la sirène des textes et des légendes, et non en tant qu'élément pictural décoratif. Car à part le célèbre tableau de Waterhouse, reproduit en médaillon de couverture, ce livre ne contient aucune image. Même le livre d'Adeline Bulteau ( Les sirènes, editions Pardès, critique ici à venir) en avait pourtant, bien que petites, en n&b et organisées selon une mise en page rudimentaire. Donc si vous espériez de beaux dessins, passez votre chemin, mieux vaut vous diriger vers L'encyclopédie du merveilleux du même auteur, et parsemée, elle, des gracieuses créatures de Sandrine Gestin.


En plusieurs chapitres, l'auteur étudie les divers génies féminins associés à l'eau, citant contes et légendes de tous les pays. Il commence par les dieux et les déesses génésiques, puis parle des sirènes ailées de l'Antiquité, le troisième chapitre passe à la lubrique seraine médiévale (Méluzine n'y figure pas puisqu'ayant son propre chapitre un peu plus loin). Le chapitre La pêche à la sirène traite des témoignages du XVIeme au XVIIIeme siècle, plus des canulars. Puis il fait la distinction quant à la nature de diverses filles des eaux : sirènes, selkies, mermaids celtes et Mari Morgan bretonnes, ensuite il va voir les nymphes et ondine de l'est de la France, en détaillant en peu Lorelei. le chapitre des naïades et des dames des fontaines précède celui de la serpente au bain, Mélusine. Les nixes, les lavandières de la nuit et les dames du lac de la légende arthurienne sont les dernières fées aquatiques abordées avant que Brasey conclue sur l'âme de la sirène, alchimique et spirituelle, et enfin son mariage avec l'humain, indissociable de l'acquisition de cette âme – et indispensable à l'humain pour retrouver la mémoire et le sens du merveilleux.


Le texte est clair, abondemment référencé ( on peut remarquer que si le texte de ce livre est repris de nombreuses fois sur internet, bien souvent les références ont disparu XD). Edouard Brasey, parfois, déplore la fin de la croyance des hommes qui les mène à un non-respect de la nature, mais sans pour autant verser dans la poésie mystique ésotérique comme Adeline Bulteau ou le militantisme écologique...

C'est très intéressant, idéal pour une initiation à l'univres féérique aquatique, pour ceux qui aiment les contes et légendes ; je ne dirais pas indispensable pour défricher le terrain à qui s'intéresse à la question des sirènes, puisque le livre d'Adeline Bulteau contient à peu de choses près les mêmes histoires, mais l'essai de Brasey me semble un peu mieux organisé ; il demeure néanmoins essentiel. Après, il reste un peu en surface de son sujet, très général, loin des analyses savantes d'universitaire. Mais c'est ce qui en fait un livre accessible à tous...

 

Critique lisible sur babelio ici ^^

 

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20 décembre 2016

Sirène d'automne

Sirène d'automne

 

Sirène hallucinée imaginée à partir d'une feuille d'érable japonais... Je crois qu'il y a là-dedans des réminiscences des dessins d'Alberto Giacometti, des peintures de Jean Dubuffet et des ilustrations de mode de Tony Viramontes, et d'autres influences sur lesquelles je n'arrive pas à mettre un nom...

Mine de rien je trouve ça compliqué d'arriver à faire une sirène potable avec une feuille en guise de nageoire. J'ai plein de croquis dans mes cartons, le tout étant d'arriver à combiner les deux et mettre tout au propre!

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04 décembre 2016

Argenterie sirènes style classique, époque inconnue

argenterie sirènes

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24 novembre 2016

La Petite Sirène, de Junko MIZUNO, chez IMHO

ningyo hime-den Junko Mizuno

 

 Comme je manque un peu de temps en ce moment pour vous proposer du contenu réellement original, ce soir je vais recycler une critique déjà faite il y a quelque temps , celle du manga la Petite Sirène, le conte d'Andersen revu et corrigée à la sauce psychodelico-kawaï-punk de Junko Mizuno: Ningyo Hime-den....

 

Attention, lecture trash et pas pour les enfants ! Ca ressemble à un cauchemar en roue libre... le seul point commun avec le conte original est la volonté d'avoir des jambes pour plaire à un humain, sinon tout le reste a été bien modifié, rendant ce remake très intéressant!
Dans ce manga couleur plein de méduses, de chaînes et de sundae, les sirènes sont non plus 7 mais 3, chacune avec un caractère bien distinct: La brune Tura est obsédée par la vengeance envers les humains qui ont tué leur mère et nettoie compulsivement la grotte sous-marine des algues qui l'envahissent, Julie la rouquine adore les méduses qu'elle trimballe partout avec elle avec des chaînes et Aï la blonde gironde passe son temps à manger et pondre des gosses eus avec les pêcheurs... S'il n'y avait que ça! Mais leur palais sous-marin est un bordel où elles piègent les humains afin de les dévorer, la sorcière est en réalité un dragon lubrique aux épouses zombies, chez qui Julie va chercher la drogue pour Tura, et qui la poursuit de sa concupiscence, et en guise de prince on va avoir Suekichi, petit sous-fifre minable de son grand frère, maître du clan Utsumi sur une ville flottante, et responsable de la tuerie qui couta la vie à la mère des sirènes. 

Viols et coups ponctuent l'histoire; cette violence n'est cependant pas gratuite, mais bien plutôt pour nous montrer que justement on peut se tirer de la spirale de la névrose et de la brutalité grâce à l'amour et aux projets; car même si on ne peut pas dire que l'histoire ait une fin heureuse, ça ne se termine pas tout à fait mal quand même... un peu comme chez Andersen en fait. Seule Aï, la soeur boulotte, insouciante et pondeuse, trouve à peu près la tranquillité grâce à sa soeur Julie qui aura traversé bien des épreuves, et où Tura s'aperçoit qu'assouvir sa vengeance ne lui apporte pas la sérénité pour autant...

Malgré des personnages au style SD ou chibi et un traitement visuel très cartoon, on est clairement dans de l'adulte avec des sirènes prostituées aux roploplos pas raplaplas, et il vaut mieux ne pas avoir peur du sang et de la violence; les couleurs malsaines et vénéneuses ainsi que le trait psychédélique angoissant nous montrent des personnages ravagés par leurs obsessions...

Une super lecture, n'hésitez pas à plonger vous aussi dans les flots empoisonnés de ce conte cruel!
la-petite-sirene-junko-mizuno-imho

A la fin du tome, on peut lire un petit récit bonus muet (tout aussi malsain et déjanté je vous "rassure"), "Mina", sur une jeune fille recueillant chez elle une petite méduse violette, et bien mal récompensée de sa sollicitude, en subissant un tsunami d'ingratitude!

 

Cette critique est un mélange de ma critique sur Babelio, et de celle sur Manga Sanctuary... Toutes mes excuses pour ce recyclage, j'espère vous proposer autre chose que du réchauffé la prochaine fois ;)

 

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