Sirenologie

20 avril 2017

Sailor Twain, ou la sirène dans l'Hudson, de Mark Siegel, éditions Gallimard Jeunesse, 2013

J'ai lu La Lune et le Roi-Soleil de Vonda McIntyre... Mais je vais vous parler d'un autre livre aujourd'hui! Oui, la Lune et le Roi-Soleil est un gros bouquin et j'ai énormément à en dire, il risque d'y avoir de gros spoils en plus dans ma critique, je prends mon temps pour la rédiger... En attendant, je vous propose mon avis sur une BD - comics plus exactement. Encore une fois, désolée pour le recyclage, la critique est déjà parue (en plus court, je n'ai pas pu m'empêcher de rallonger ici) sur Babelio.

 

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Sailor Twain est un comics one shot en noir et blanc de 2012 ( dessiné sous forme de feuilleton de 2010 à 2012 et édité grâce à Kickstarter) de Mark Siegel. L'action prend place en 1887 durant la Belle Epoque américaine (le "Gilded age"), non pas sur le fleuve Mississipi comme je l'ai tout d'abord cru, mais sur le fleuve Hudson, un fleuve plus petit (500km environ contre... 3700km pour le Mississipi!) et situé bien plus à l'est des Etats-Unis puisqu'il arrive à New York. 

 

Sailor Twain - couverture française

 

Cette bande dessinée se place clairement sous le signe de la dualité... Un double titre, 2 gamins mystérieux, 2 mécaniciens, 2 frères Lafayette, 2 livres, 2 bateaux (celui que commande le personnage principal porte le nom de... Lorelei), 2 femmes entre lesquelles le héros est déchiré et qui se ressemblent étrangement: l'épouse du narrateur, Pearl, au nom de trésor sous-marin, chanteuse dont les jambes sont paralysées par la maladie, et Sud, la sirène clandestine à queue de poisson et au chant qui scinde l'âme de ses victimes en... deux! à ce compte-là, on ne peut que se poser des questions sur le nom même du personnage principal, Elijah Twain...

 

Sailor Twain p180


Le dessin, qui rappelle un peu celui de Christophe Blain, m'a d'abord déroutée par son aspect caricatural (les yeux perpétuellement équarquillés de Twain...) car je m'attendais à un trait plus réaliste; mais plus subtil qu'il n'en n'a l'air au premier abord, j'ai fini par apprécier sa texture de crayon/fusain non encré, bien maîtrisé. Le n&b nous plonge dans une atmosphère charbonneuse, de suie et de fumée, aux trognes expressionnistes et aux embrumes cauchemardesques; où des détails, des comportements a priori absurdes et sans lien apparent avec l'histoire, se complètent petit à petit pour former un tout cohérent: la surdité du machiniste, les amours multiples de l'armateur, des disparitions d'objets...
La fin est étrange et on en reste un peu triste, un peu déconcerté, sans trop savoir ce que seront vraiment devenus les personnages à la fin... Il n'en reste que quelques bulles à la surface de l'Hudson. Sud la sirène a -t-elle été délivrée, ou devra-t-elle encore attendre des années avant que ne se représente une occasion telle que l'histoire qu'on vient de lire?

J'ai beaucoup aimé cette ambiance parfois onirique, où le réel et les fantasmes se confondent, et où l'histoire se reconstitue lentement: il y a un grand plaisir à relire le comics pour retrouver tous les indices distillés par l'auteur. J'ai été aussi amusé par le jeu avec l'image anglo-saxonne du Français séducteur et coureur de jupons, qui a ici une excellente raison de se conduire ainsi... Lafayette, avec son apparence anachronique ( il semble tout droit venir du siècle précédent avec sa redingote et sa coiffure) devient une incarnation de Don Juan, libertin, mystérieux et tragique. Dans les cases ci-dessous, les deux hommes semblent des exacts opposés: respectueux de la religion/irrespectueux, séducteur/maladroit, noir puritain/blanc libre-penseur... Même la sirène ne les rapprochera que de manière à signifier leurs irréductibles différences... Paradoxale gemelliité!

Sailor Twain - discussion entre Twain et Lafayette sur la Bible et la Création

 Ici, la sirène/mermaid est parfaitement classique, buste de femme d'une grande beauté (bijoux inclus) et queue de poisson à écailles. Un passage situe son origine en Méditerranée et justifie sa présence à un endroit où on n'aurait pas songé à la trouver, exilée dans ce pays d'immigration que sont les Etats-Unis ... Elle n'est pas à première vue pas maléfique et jouerait même un rôle plutôt inspirateur pour Twain - on dit les sirènes filles d'une Muse après tout. Mais l'oubli sensuel et hébété dans lequel elle plonge, pas forcément volontairement d'ailleurs, son sauveur et qui le conduit à se couper du monde et de sa femme, est déjà un danger en soi... Ce n'est qu'à la fin qu'on constatera le veritable potentiel de nuisance de sa voix. Elle est très réussie par son ambiguité, aussi vulnérable et touchante au début que redoutable à la fin. Le format très long de la BD - une 400taine de pages - est susceptible de lasser les lecteurs les moins accrochés, mais permet à Mark Siegel de développer l'intrigue, les personnalités et de détailler sa version du mythe de la sirène, cette créature fabuleuse, avec ses codes, objets et rites l'accompagnant...

Fan de sirène ou pas, je recommande chaudement cette lecture riche et envoûtante!

 

Sailor Twain - couverture alternative anglo-saxonne

 

 

 

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13 avril 2017

Black dolldivine mermaid with red tatoos

Neptunes-Daughter-DollDivine tribale

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09 avril 2017

Festival des sirènes et prochains évènements où le fanzine Sirènologie sera disponible

Bonjour!

Un post pour signaler que je reprends le chemin des salons:

- notamment avec l'association Méluzine, pour laquelle je tiendrai un stand le samedi 29 avril à Mang@Juvisy et le samedi 13 mai à Manga Creil. Le premier numéro du fanzine Sirènologie y sera donc disponible. J'espère pouvoir sortir le second numéro pour Japan expo 2017, je vous tiens au courant de l'évolution des choses :)

- Et surtout, première fois que j'aurai un stand au nom de Sirènologie: au Festival des Sirènes, à la fosse Aqua92 de Villeneuve La Garenne, le dimanche 7 avril! Un énorme merci à Delffey qui m'a signalé l'évènement, et à Claire La Sirène, organisatrice du festival, qui a eu la gentillesse de bien vouloir m'inscrire dans les stands présents!

Capture d’écran 2017-04-15 à 19

 

La matinée est réservée aux sirènes et à leurs accompagnants qui ont choisi le forfait à la journée avec shooting photo et coaching professionnel. L'après-midi est ouverte au public à partir de 14h et il sera proposé une rencontre avec Claire la Sirène et Merman Arion (l'homme-sirène), de nager dans une atmosphère magique entourés de dizaines de sirènes et tritons, de découvrir des stands sur le thème des créatures marines, de vous initier au mermaiding avec un cours qui vous transformera en sirène, d'apprendre les bases de l'apnée et d'autres surprises...

 

Bref, à très bientôt!

 

frise étoiles de mer et crabes

 

 

 

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27 mars 2017

sirènes voyageuses - art postal

sirène orange géante

Dans l'optique du deuxième fanzine sirènologie, ces derniers temps je me suis consacrée à quelques enveloppes décorées (avec cartes assorties dans la mesure du possible), comme vous pouvez le constater ^^

En effet le deuxième volume portera sur leur habitat, ou plutôt, où les trouver, qu'elles soient sédentaires... ou voyageuses! un programme d'art postal ("mail art" comme disent nos amis anglo-saxons) était tout indiqué pour illustrer en partie le sujet. J'ai donc commencé à envoyé à quelques un(e)s de mes amis et connaissances une invitation à y participer... en espérant ne pas les effaroucher! J'ai préparé quelques enveloppes, puis j'ai réparti au hasard ( le fameux jeu du "plouf-plouf") parmi les destinataires.

Vous aussi, qui lisez ce blog et avez envie de faire des sirènes postales, je vous invite à m'envoyer une lettre avec enveloppe - ou une simple carte postale - décorée par vos soins de demoiselles des océans.

Envoyez-moi d'abord un mp pour que je vous donne l'adresse postale à laquelle m'envoyer vos oeuvres, réalisez-la et faites-la transporter par la Poste ( cela fera plaisir au facteur de voir autre chose que des factures dans sa sacoche - et tant pis pour les machines trieuses de lettres normées), et je prendrai en photo l'enveloppe (et la carte éventuellement à l'intérieur) pour l'afficher ici sur le blog, avec l'adresse floutée si vous désirez garder l'anonymat.

De mon côté je vous enverrai une réponse elle aussi décorée avec à l'intérieur un timbre neuf (traduction: je vous rembourse les frais d'envoi après coup). Pourrez-vous m'envoyer par mail la photo de la lettre qui vous sera parvenue? L'oblitération m'intéresse, c'est elle qui donne la preuve que la sirène a bien voyagé...

Je mets ici les photos prises moi-même des lettres que j'ai faites avant de les poster, car je ne sais quand elles parviendront à leurs destinataires; quand j'aurai les photos des enveloppes oblitérées, je les mettrai en ligne à la place de celles-ci, ou vous donnerai le lin du blog/site sur lequel elles seront peut-être exposées... Là c'est pour vous montrer quelques exemples de possibilités, entre dessin et collages, mais je suis restée très classique... C'est un début! Pour vous inspirer plus, il y a de très belles et de très inventives choses sirèniennes du côté de ce blog d'Eric Babaud dédié à l'art postal.

Bref, bonnes correspondances!

 

sirène verte et mouette

sirène de collage à nageoire caudale bleue

sirène multicolore dans les vagues

19 mars 2017

Sirène d'étang - Pond mermaid

Neptunes-Daughter-DollDivine étang

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11 mars 2017

Histoires de Sirènes, de Christine Palluy, aux éditions Lito

Histoires de sirènes - couverture

Divers récits de sirènes, ondines, selkies et autres fées des mers, aux jolis noms (Océane, Perlune, Alizée...) sont reliés les uns aux autres par une histoire de pierreries dispersées par un monstre, La Groche, lors d'une tempête. Les récits abordent autant les histoires d'amour entre sirènes et tritons, qu'entre sirènes et humains, et ce, que cet amour soit filial ou marital... Mais aussi une incursion chez des pirates ou dans une ambiance « Mille et unes nuits » histoire de varier!

Histoires de sirènes - Sommaire


Rien d'original mais c'est tout à fait correctement raconté, et ce pourrait être une simple compilation  des diverses légendes liés aux sirènes, reformulées, si le livre n'était pas magnifié par de très belles illustrations, notamment de Charlotte Gastaut et de Mayalen Goust (bien que les deux autres illustratrices ne déméritent pas!).
Peggy Nille nous propose des dessins vivement colorés, riches en textures et en détails de fonds marins, des teintes plus douces et grisées ainsi que nombres de bijoux pour les sirènes et tritons stylisés caractérisent les illustrations de Charlotte Gastaut, on remarque un trait plus épuré et des fonds en doux camaïeux dégradés pour Mayalen Goust, et enfin les sirènes aux fins yeux en amande de Lucie Brunellière sont ambigües, tour à tour maléfiques et douces...

Histoires de sirènes - illustration de Charlotte Gastaut

Histoires de sirènes - illustration de Mayalen Goust

Histoires de sirènes - illustration de Peggy Nille

Histoires de sirènes - illustration de Lucie Brunellière


Juste un bémol quant à l'adéquation texte-dessins : on parle d'une dispersion des joyaux dans tous les océans ; or, les sirènes ont toutes la peau blanche, seuls leurs coiffures se distinguent... Pourquoi ne pas avoir fait des sirènes brunes au nez épaté et aux cheveux crépus, pourquoi pas des néréïdes à l'épiderme de miel et chevelure de jais ? Je regrette l'étroitesse de cette vision purement occidentale de la sirène, probablement involontaire mais réelle... du coup je n'ai pas vraiment distingué les divers océans, les sirènes se ressemblant toutes.

L'objet lui-même est très beau, couverture solide et ajourée  d'une forme de coquille qui laisse apparaître le titre, et avec de petites touches de brillances pour renforcer l'aspect scintillant des bijoux de l'illustration. Il est maquetté avec soin pour accorder le texte (sans fautes d'orthographe) aux images, sur un joli papier glacé.

Jai été enchantée par ce bel ouvrage des éditions Lito, qui ne semble malheureusement plus figurer dans leur catalogue, à trouver en occasion donc ou en bibliothèque...  

Il faisait partie de la collection dirigée par Christine Palluy « Histoires au pays des merveilles », collection à destination des filles au vu des titres : Histoires de fées, histoires de princesses, de cavalières, de danseuses, d'aventurières... et dont les couvertures sont toutes ajourées. Les motifs étaient différents auparavant : une fleur à 5 pétales pour les princesses, une aile pour les fées, papillon pour les danseuses, coquille donc pour les sirènes, cœur pour les cavalières... qui montraient le titre sous le dessin de couverture. Mais à présent les couvertures ont été harmonisées, et ont toutes au même endroit un cœur découpé laissant apercevoir l'illustration sur la page du dessous. Choix qui rend les couvertures un peu gnangnan selon moi...

Mais je m'égare ; bref, par sa liste de légendes abordées, par ses images splendides, et son ton optimiste ce livre est à découvrir, à lire et à relire avec plaisir !

Ma critique (incomplète) se trouve aussi sur sa fiche Babelio.

03 mars 2017

Sirène remontant à la surface

en remontant à la surface - sirène imaginée d'après un dessin de Singeon dans le Tigre magazine 036-037 de fin 2013 début 2014

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24 février 2017

Sirènes Petrifontaines

Sirène au miroir Pierrefonds (Oise)

Sirène à la harpe Pierrefonds (Oise)

Ces deux charmantes créatures se trouvent au château de Pierrefonds, dans le doux pays de Picardie.

Bien que le château de Pierrefonds soit bien médiéval, il n'en demeurait au XIXème siècle que des ruines. A la demande de l'impératrice Eugénie, et sur suggestion de Mérimée, Napoléon III demande en 1857 à Eugène Viollet-Le-Duc de restaurer le château. Viollet-Le-Duc fera plus que le restaurer, il le recréera tel qu'il pense qu'il aurait du être, et ce de manière à pouvoir accueillir l'empereur en résidence et sa collection d'armures. Viollet-Le-Duc ne verra cependant pas la fin de la rénovation puisqu'il mourra en 1879... Et le chantier, repris par son gendre Maurice Ouradou puis par Juste Lisch (après la mort d'Ouradou en 1884, décidément), s'arrêtera en 1885, avec des salles à la décoration inachevée faute d'argent.

Cependant, nombre de murs ont pu être peints et recouverts de boiseries, dont ces deux sirènes, toutes deux visibles dans le cabinet de travail de l'Empereur, pièce située dans le donjon. Je ne sais si Viollet-Le-Duc était encore vivant quand ces deux sirènes onté été sculptées puis fixées dans la salle, mais il en avait probalement déjà fait les dessins de conception.

On peut remarquer que, bien que voisines de chambre, ces deux sirènes sont assez différentes: L'une, la plus haut, est bifide et s'admire tranquillement dans son miroir, au milieu d'arabesques végétales; tandis que l'autre, ramassée dans un cadre rectangulaire situé à hauteur des yeux, semble n'avoir qu'une seule queue, et paraît guetter la venue d'un voyageur, prête à le charmer de sa harpe...

   

20 février 2017

I used to be a mermaid, par Audrey Molinatti, 2014

Audrey Molinatti's mermaid

Alors que je suis dans le milieu du fanzinat, je n'avais pas encore fait ici de critique de fanzine, un comble! Voilà qui est réparé avec  I used to be a mermaid  ( traduisible par « je fus une sirène » ou « j'ai été une sirène »).

Audrey Molinetti nous offre sa version à elle du célèbre conte d'Andersen : loin de l'ado mélancolique incomprise par sa famille, la sienne est seule, autonome, insouciante et hédoniste, profitant des plaisirs de la vie sous-marine ; ensuite, nul besoin d'une sorcière pour se transformer et acquérir des jambes, et à la place d'un beau prince évaporé qui rêve d'une autre, c'est un pirate, véritable gibier de potence (mais beau aussi quand même, hein!), qu'elle sauvera et qui sera assez reconnaissant pour l'aimer et l'épouser...

 

Audrey Molinatti i used to be a mermaid p2

 

 

Ca commence plutôt bien, et on a une bonne moitié du livret qui est consacrée aux images de la vie idyllique d'avant l'humanité. Mais le côté triste et cruel (comme le proclame la page de titre, "sad and cruel") de l'histoire originale reste bel et bien, et vous découvrirez de quelle manière cette petite sirène-là, tout aussi anonyme que son modèle, est autant condamnée au malheur qu'elle ; une manière moins magique, qui peut faire écho à la réalité vécue par de nombreuses jeunes femmes à travers le monde...

 

Le côté métaphorique du conte, avec le passage de l'enfance à l'âge adulte, fonctionne à plein dans cette relecture nettement plus féministe ( on peut remarquer sur la couverture la taille à la morphologie réaliste de cette mutine créature à la chevelure émeraude, loin de la silhouette en sablier impossible de l'Ariel disneyienne) que l'originale : indépendance semble être le mot qui caractérise cette jeune femme volontaire, et si son choix entraîne des larmes et des regrets, elle ne peut qu'assumer, sans pouvoir finir ni en écume ni en évanescente fille des airs, et protéger le souvenir que son éphémère pirate lui a laissé...

 

Cette sirène-là est donc en plus bilingue : français, et anglais ainsi que l'indique le titre ! Les textes sont courts (non exempts de fautes, mais rien qui pique vraiment les yeux) et la maquette est limpide : une page de texte ( avec parfois des décorations), avec en face une illustration pleine page. Le style d'Audrey Molinatti est plutôt réaliste, avec néanmoins une souplesse de trait qui caresse l'oeil. Ses dessins ne sont pas encrés et sont tout en niveaux de gris retouchés à l'ordinateur, ce qui donne un rendu assez doux mais pas toujours net. On sent certaines pages plus travaillées que d'autres, conservées en crayonné pur... Heureusement il n'y a pas de défaut d'impression pouvant gâcher la lisibilité des images.
 

 

 

Audrey Molinatti i used to be a mermaid p7

 

Le format à l'italienne, horizontal, permet de profiter des compositions claires et efficaces, qui mettent en valeur l'héroïne, ou les paysages qu'elle traverse. Des petits dessins, (coquillages, ancre) ponctuent les textes. La calligraphie du titre est élégante, par contre pas tout à fait compréhensible pour le « I », qui ressemble un peu à un « L ». La reliure agrafée coupe en deux l'illustration de couverture, turquoise et attrayante, impimée sur un papier au toucher doux et mat.

 

Bref un fanzine charmant, de bonne qualité et une lecture qui devrait plaire à tous, fans de sirènes ou pas ! Son seul défaut serait d'être un peu court (36 pages)...

Si vous voulez voir d'autres images de ce fanzines, il y en a ici, et pour en savoir plus sur l'auteure et ses autres réalisations ça se regarde sur son tumblr.

 

 

Audrey Molinatti I used to be a mermaid p 32

 

 

 

03 février 2017

La Sirène et le Poète, poésie de Dominique-Alexandre de CHAMPROUX, 1988

 

Ce matin ma sirène a chanté

Son timbre mélancolique et doux a éveillé

Mon âme en peine et à présent solitaire.

Elle m'a bercé, je ne sais par quel goût amer.

 

Il se peut que la soudaine amertume

et le regret des temps passés

Font qu'aujourd'hui mon corps se consume

d'une éternelle flamme limpide et mouillée.

 

la sirène et le poète

 

Là-bas, la mer caresse le rivage

Et au loin doucement naît la clarté.

Mes larmes se confondent aux eaux de la plage.

 

Au sein de ce merveilleux paysage,

ce matin ma sirène a chanté

Et le poète lui a pleuré.

 

La sirène et le poète, poésie tirée du recueil éponyme de Dominique-Alexandre de Champroux, paru en 1988 aux éditions La Bruyère.

Illustration originale de Terryjil.

 

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